Éthoxyquine

Additifs et conservateurs

L'éthoxyquine (6-éthoxy-1,2-dihydro-2,2,4-triméthylquinoléine) est un antioxydant de synthèse autrefois employé pour stabiliser les graisses et certaines farines, notamment la farine de poisson. Dans l'Union européenne, son autorisation comme additif sensoriel pour l'alimentation animale est suspendue depuis le Règlement d'exécution (UE) 2017/962 du 7 juin 2017, en raison de données insuffisantes pour écarter la génotoxicité d'un de ses métabolites (EFSA, 2015 ; Règlement 2017/962).

Dernière mise à jour :

Information générale à portée documentaire. Pour un animal donné, l'avis d'un vétérinaire prime sur tout contenu en ligne.

Quel est le statut réglementaire de l'éthoxyquine dans l'UE ?

L'éthoxyquine est suspendue comme additif pour l'alimentation animale dans l'Union européenne depuis le 7 juin 2017, au titre du Règlement d'exécution (UE) 2017/962, faute de données permettant de conclure à l'innocuité de son métabolite quinone imine (Règlement 2017/962).

Cette suspension fait suite à l'avis du panel FEEDAP de l'EFSA de 2015. Le panel a conclu que l'éthoxyquine elle-même n'apparaît pas génotoxique ni cancérogène, mais qu'il était impossible de conclure à l'absence de génotoxicité de l'éthoxyquine quinone imine, métabolite présentant des alertes structurelles de mutagénicité et de liaison à l'ADN, et que la p-phénétidine, une impureté, est un mutagène possible (EFSA, 2015). Faute de données complémentaires suffisantes, l'autorisation a été suspendue plutôt que retirée, laissant au demandeur la possibilité de fournir les éléments manquants (Règlement 2017/962).

Quel rôle jouait l'éthoxyquine et pourquoi se retrouve-t-elle parfois dans l'aliment ?

L'éthoxyquine servait d'antioxydant puissant pour protéger les graisses et surtout la farine de poisson contre l'oxydation et l'auto-échauffement pendant le transport maritime. Elle n'a aucune valeur nutritionnelle pour l'animal.

La farine de poisson constitue son principal vecteur résiduel. Pour des raisons de sécurité du transport maritime international, certains lots de farine de poisson importée peuvent avoir été traités à l'éthoxyquine en dehors de l'UE. Dans ce cas, l'additif est introduit au stade de la matière première, non par le fabricant d'aliment, et n'a pas à figurer comme additif ajouté sur l'étiquette de l'aliment fini. C'est la raison pour laquelle l'éthoxyquine peut être présente à l'état de traces sans apparaître dans la liste des additifs. La réglementation européenne fixe des teneurs maximales de résidus dans les denrées d'origine animale pour encadrer cette voie d'exposition indirecte.

L'éthoxyquine est-elle interdite ou simplement suspendue ?

L'éthoxyquine n'est pas interdite de façon définitive mais suspendue dans l'UE depuis 2017, distinction importante : la suspension reflète un défaut de données, non une preuve établie de nocivité aux usages passés (EFSA, 2015 ; Règlement 2017/962).

La croyance répandue présente l'éthoxyquine comme un additif « interdit car cancérigène ». La réalité réglementaire est plus précise. L'EFSA n'a pas conclu que l'éthoxyquine était cancérogène : elle a conclu qu'elle ne pouvait pas écarter un risque génotoxique pour l'un de ses métabolites, faute de données. Aux États-Unis, la FDA autorise l'éthoxyquin dans l'alimentation animale sous des teneurs maximales encadrées et a demandé à l'industrie de réduire volontairement les niveaux dans certains aliments, sans interdiction générale. Le contraste UE/US est donc net : suspension par précaution en Europe, autorisation sous seuils aux États-Unis.

CritèreUnion européenneÉtats-Unis
Statut de l'additifSuspendu depuis le 7 juin 2017Autorisé sous seuils (FDA)
Base réglementaireRèglement d'exécution 2017/96221 CFR, FDA
MotifDonnées insuffisantes sur métaboliteEncadrement par teneurs maximales
Substance ou métabolite en causeÉthoxyquine quinone imineNiveaux résiduels surveillés
Niveau de preuve d'un dangerEn débat (données manquantes)En débat (données manquantes)

Quel est le niveau de preuve ? (Éthoxyquine)

Le niveau de preuve reste ouvert. La suspension européenne traduit une incertitude scientifique non résolue sur un métabolite, et non la démonstration d'un effet nocif chez le chien ou le chat (EFSA, 2015).

La formulation correcte est que l'éthoxyquine est « suspendue dans l'UE faute de données suffisantes sur la génotoxicité d'un métabolite », et non « interdite parce que cancérigène ». L'absence de conclusion va dans les deux sens : ni innocuité démontrée, ni nocivité démontrée. Cette situation justifie la précaution réglementaire européenne et explique que de nombreux fabricants se soient tournés vers des antioxydants alternatifs, tout en maintenant une vigilance sur la voie d'entrée par la farine de poisson importée.