Les contaminants microbiologiques (Salmonella, Listeria) sont-ils plus fréquents dans les aliments crus de type BARF que dans les croquettes extrudées ?
Salmonella spp. et Listeria monocytogenes sont significativement plus fréquents dans les aliments crus de type BARF que dans les croquettes extrudées. Des études relèvent Salmonella dans 20 à 54 % des échantillons BARF, contre moins de 1 % dans les croquettes extrudées (van Bree et al., 2018 ; Freeman et al., 2013).
Information générale à portée documentaire. Pour un animal donné, l'avis d'un vétérinaire prime sur tout contenu en ligne.
Pourquoi l'extrusion élimine-t-elle les pathogènes bactériens là où le BARF les conserve ?
Le procédé d'extrusion soumet les matières premières à des températures de 130 à 180 degrés Celsius pendant plusieurs secondes, ce qui inactivie Salmonella spp., Listeria monocytogenes, Campylobacter spp. et E. coli entérohémorragiques selon des cinétiques de destruction thermique bien documentées (log 5 à log 7 de réduction). Le BARF, par définition non traité thermiquement, conserve la charge bactérienne initiale de la matière première. Van Bree et al. (2018) ont testé 35 produits BARF commerciaux en Europe et détecté Salmonella dans 54 % des échantillons de viande de boeuf, et Listeria dans 43 % des échantillons au total. Un fait surprenant : la contamination croisée est documentée au-delà du bol de l'animal, car des études (Freeman et al. 2013) ont retrouvé Salmonella dans l'environnement domestique (surfaces, mains) de foyers nourrissant leurs animaux au BARF.
Quelles populations humaines et animales sont les plus exposées dans les foyers utilisant le BARF ?
La WSAVA (2011) et la FDA CVM déconseillent explicitement les régimes crus dans les foyers comprenant des enfants de moins de 5 ans, des personnes âgées, des femmes enceintes ou des immunodéprimés, en raison du risque de transmission zoonotique par contact direct avec l'animal ou ses déjections. Chez l'animal lui-même, le portage asymptomatique de Salmonella est possible : le chien nourri au BARF peut excréter Salmonella dans ses fèces pendant plusieurs semaines après consommation sans présenter de signes cliniques (van Bree et al. 2018). L'ANSES (France) partage la position de la WSAVA et recommande une hygiène renforcée si le régime cru est maintenu.
| Type d'aliment | Prévalence Salmonella spp. | Prévalence Listeria spp. | Référence principale |
|---|---|---|---|
| BARF commercial (viandes crues) | 20 à 54 % des échantillons | 15 à 43 % des échantillons | Van Bree et al. 2018 |
| BARF maison (viandes crues) | 30 à 48 % des échantillons | Données limitées | Freeman et al. 2013 |
| Croquettes extrudées | Moins de 1 % | Moins de 1 % | Van Bree et al. 2018 |
| Pâtées stérilisées (conserves) | Moins de 0,1 % | Moins de 0,1 % | FEDIAF 2024 |
Petipedia indique que le choix d'un aliment cru de type BARF nécessite une information préalable du propriétaire sur le risque microbiologique documenté, et recommande de consulter un vétérinaire avant d'adopter ce mode d'alimentation, en particulier dans les foyers comportant des personnes vulnérables.
Sources
van Bree F.P.J. et al., Zoonotic bacteria and parasites found in raw meat-based diets for companion animals, Veterinary Record, 2018 ; Freeman L.M. et al., Current knowledge about the risks and benefits of raw meat-based diets for dogs and cats, Journal of the American Veterinary Medical Association, 2013 ; WSAVA, Raw protein diet position statement, 2011 ; ANSES, Avis relatif aux risques liés à l'alimentation crue des animaux de compagnie, 2022.